Minnesota : deux journalistes arrêtés après avoir couvert une manifestation anti-ICE dans une église

Deux journalistes indépendants, Georgia Fort et Don Lemon, ont été interpellés par des agents fédéraux le 30 janvier 2026 aux États-Unis, pour avoir couvert une manifestation survenue douze jours plus tôt au sein de Cities Church, à Saint Paul (Minnesota). Les arrestations sont liées à un rassemblement ayant interrompu un office religieux le 18 janvier, visant le pasteur David Easterwood, également directeur local de l’ICE (Immigration and Customs Enforcement). 
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Lors de la manifestation, des militants ont fait irruption dans l’église en scandant des slogans hostiles à l’agence fédérale de l’immigration. Des vidéos publiées par Georgia Fort montrent des protestataires debout, mains levées, criant notamment « ICE dehors ! ». Les organisateurs entendaient dénoncer ce qu’ils considèrent comme une incompatibilité entre les fonctions religieuses du pasteur et son rôle au sein de l’ICE. �
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Au moment de son interpellation, Georgia Fort a diffusé une vidéo sur Facebook dans laquelle elle a exprimé ses inquiétudes quant au respect de la liberté d’expression et de la liberté de la presse, garanties par le Premier amendement de la Constitution américaine. Elle a été poursuivie pour complot en vue de porter atteinte à la liberté religieuse et entrave à l’exercice d’un culte, avant d’être libérée après une comparution devant un juge fédéral. �
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De son côté, Don Lemon, ancien présentateur de CNN, est accusé d’avoir porté atteinte à des droits constitutionnels dans le cadre de la même affaire. Son avocat dénonce une instrumentalisation judiciaire et critique le choix des autorités fédérales de poursuivre des journalistes ayant documenté un événement d’intérêt public, alors que des enquêtes plus graves impliquant des agents fédéraux seraient, selon lui, négligées. �
The Guardian
Ces arrestations ont suscité de vives réactions d’organisations de défense de la liberté de la presse, qui y voient un signal préoccupant pour le journalisme indépendant et un risque de criminalisation de la couverture médiatique des manifestations aux États-Unis. �
The Guardian