Selon les informations rapportées par InfoChrétiennes.com, ces personnalités, issues de différents courants du christianisme, ont adressé le 18 septembre une lettre à Susie Wiles, cheffe de cabinet de la Maison-Blanche, et à Russell Vought, directeur du Bureau de la gestion et du budget (OMB).
Les signataires demandent que ces fonds, actuellement prévus notamment pour accompagner la fermeture de programmes de l’USAID, soient utilisés conformément à leur objectif initial : financer des initiatives de santé mondiale.
Ils craignent notamment que les crédits concernés ne soient considérés comme expirés au 30 septembre.
Des financements destinés notamment aux femmes et aux enfants
Dans leur courrier, les responsables religieux soulignent l’importance de ces financements pour les populations vulnérables. Ils citent notamment environ 320 millions de dollars destinés à la santé maternelle et infantile, 250 millions pour la prévention du paludisme et 135 millions pour la nutrition.
Les signataires estiment que ces programmes correspondent à un engagement moral en faveur des populations les plus vulnérables. Ils invoquent notamment le chapitre 25 de l’Évangile selon Matthieu, qui appelle les chrétiens à venir en aide aux personnes dans le besoin.
Parmi les signataires figurent le révérend Samuel Rodriguez, membre du groupe de conseillers évangéliques de Donald Trump et président de la National Hispanic Christian Leadership Conference, ainsi que Myal Greene, président de World Relief.
Le pasteur Rick Warren, cofondateur de Saddleback Church, le théologien Russell Moore, la chanteuse Amy Grant et Charlie Lowell, membre du groupe chrétien Jars of Clay, figurent également parmi les signataires.
La liste comprend aussi des responsables évangéliques plus progressistes, dont Shane Claiborne, ainsi que des responsables de communautés protestantes historiques et catholiques.
Une démarche présentée comme un appel moral
La lettre adopte un ton conciliant envers l’administration Trump. Ses auteurs disent apprécier certains efforts de l’exécutif en matière de gestion des ressources publiques, tout en demandant que les crédits concernés soient employés pour les objectifs sanitaires auxquels ils étaient initialement destinés.
« Les enjeux moraux sont considérables », soulignent-ils dans leur courrier.
Jenny Dyer, directrice de 2030 Collaborative, l’organisation qui a coordonné la démarche, affirme que la Maison-Blanche n’avait pas encore répondu à la lettre au moment de la publication de ces informations.
Elle a également indiqué que 42 responsables religieux devaient rencontrer des représentants de l’administration lors d’une session d’écoute consacrée à la santé mondiale, organisée par le White House Faith Office.
Cette rencontre devrait notamment permettre aux participants de présenter leurs préoccupations concernant l’avenir des financements consacrés à l’aide internationale.
Des inquiétudes également exprimées au Congrès
La question des crédits de santé mondiale préoccupe également certains élus américains. Le 24 septembre, la sénatrice républicaine du Maine, Susan Collins, a adressé une lettre à Russell Vought, au secrétaire d’État Marco Rubio et à l’administrateur actuel de l’USAID.
Elle leur a demandé de veiller à ce que les financements soient utilisés conformément à la volonté du Congrès, notamment en engageant les crédits avant la fin de l’exercice budgétaire ou en les transférant au département compétent.
Des élus démocrates ont également interpellé l’administration sur cette question. La sénatrice Patty Murray et le sénateur Brian Schatz avaient notamment interrogé Marco Rubio sur l’utilisation de ces fonds lors d’auditions au Sénat.
Brian Schatz avait alors rappelé que les crédits votés par le Congrès pour des objectifs précis devaient être employés à ces fins.
Le débat sur les conséquences des coupes de l’aide internationale
Cette nouvelle initiative intervient dans un contexte de profondes réductions des programmes d’aide internationale américains sous l’administration Trump.
Des responsables de l’administration, dont Russell Vought, ont contesté les accusations établissant un lien direct entre ces coupes et des décès à l’étranger. Des enquêtes de médias américains, dont l’Associated Press, ont toutefois fait état de conséquences sanitaires dans plusieurs pays, notamment au Népal, en Birmanie, au Nigeria et en Somalie.
Parallèlement, l’administration Trump a annoncé en août son intention d’accorder près de 2 milliards de dollars à des organisations chrétiennes pour des programmes sanitaires et humanitaires. Parmi les bénéficiaires annoncés figurent notamment World Vision et Compassion International.
La mobilisation des responsables religieux intervient ainsi alors que l’avenir d’une partie des financements américains consacrés à la santé mondiale demeure au cœur d’un débat entre l’administration, le Congrès et les organisations humanitaires.
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