Syrie : les chrétiens entre espoir fragile et craintes persistantes après l’annonce d’un cessez-le-feu
Malgré la perspective d’un retour progressif à la stabilité, de nombreux Syriens issus des minorités religieuses et ethniques redoutent la poursuite, voire l’aggravation, des persécutions à leur encontre. Un réfugié syrien kurde, de confession chrétienne et aujourd’hui installé en Europe, témoigne d’une escalade de violences ciblant ces groupes
« Depuis longtemps, je crains pour les minorités en Syrie, ou plus exactement pour toutes les composantes de la société syrienne, notamment les Kurdes, les Alaouites, les Druzes et les chrétiens. Au cours de l’année écoulée, nous avons assisté à des violences qui peuvent être qualifiées de génocidaires, touchant ces communautés les unes après les autres », confie-t-il.
Selon ce témoin, plusieurs régions du pays ont été le théâtre d’attaques répétées : violences contre les communautés alaouites sur la côte syrienne, exactions visant les Druzes dans le sud, explosions dans des églises à Damas, ainsi que des offensives contre des zones à majorité kurde.
Récemment converti au christianisme, le réfugié exprime une crainte profonde à l’idée d’un éventuel retour en Syrie. « Je ne pourrai jamais retourner dans mon pays. Même si je le faisais, je vivrais en permanence dans la peur, surtout si les autorités découvraient mon identité ou mes convictions religieuses », affirme-t-il.
Il appelle également à la prudence face aux annonces politiques récentes. « Les accords de cessez-le-feu restent, pour l’instant, de simples promesses. Nous attendons encore de constater un réel changement sur le terrain », souligne-t-il, tout en invitant à la prière pour une amélioration durable de la situation.
Depuis la chute du régime de Bachar al-Assad en décembre 2024, mettant fin à plus de cinquante ans de pouvoir, la Syrie est majoritairement contrôlée par des forces dirigées par Hay’at Tahrir al-Sham (HTS), un groupe islamiste extrémiste issu de la mouvance d’Al-Qaïda.
Dans des villes comme Damas et Alep, la pression sur les chrétiens demeure forte. L’hostilité croissante de certains milieux musulmans conservateurs, combinée à l’influence de groupes extrémistes, engendre un climat d’incertitude marqué par des restrictions et une marginalisation progressive. Cette dynamique tend à effacer l’histoire et la présence multiséculaire des chrétiens dans les principales villes syriennes.
Enfin, dans les zones à majorité musulmane, les personnes qui choisissent de se convertir au christianisme ou d’abandonner l’islam ou les croyances druzes font face à de lourdes pressions familiales et sociales. Dans certains cas, ces conversions entraînent des violences, des menaces ou des expulsions, accentuant la vulnérabilité de ces minorités dans un pays encore profondément instable.
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